Compte rendu de la première table ronde au Conseil Régional autour du projet Un Stage et Après – 19/09/2011

A l’initiative du Conseil Régional et d’André Jaunay, une série de table ronde est organisée autour du projet Un Stage et Après. L’objectif est de réunir des personnes chaque mois ayant une expertise dans les domaines d’action de l’association afin de le rendre plus efficace grâce à des synergies et l’échange de bonnes pratiques. Un état des lieux est également fait à chaque table ronde pour informer les acteurs présents. Le 19 septembre, les acteurs se sont réunis pour la première fois. Ci après le compte rendu.

Participants

Jamila Jaaidane – CRIF

Mickael Vidal – USEA

Bouna Kane – Responsable éducation à l’IMS « Entreprendre pour la Cité »

Pascal Fourestier – Principal du Collège Jaurès, Pantin

Dylan Boutiflat – chef de projet au CG 93 auprès de Monsieur Willette

Denis Pansu – Réseau du carrefour des possibles – Association FING

Mamadou Diallo – Directeur adjoint à Zy’Va, association de Nanterre

Bastien Le Coz – USEA

Vincent Carayol – CPE Collège République

André Jaunay – Chef de projet CRIF

Contexte de notre travail

Le groupe de travail s’inscrit dans la dynamique régionale visant à faire le bilan du programme développement économique des quartiers politique de la ville, voté en 2007, et à préparer de nouvelles propositions, avec les orientations suivantes :

– le thème de l’emploi sera pris en compte, en plus du dév. économique,

– attention forte portée au thème du « pouvoir d’agir », de l’ »empowerment »,

– souhait de tirer parti du numérique, outil populaire, qui peut être d’animation, collaboratif,

– exigence en termes de politique publique : toucher une part significative des publics-cible ; en cas de recours aux modèles territoriaux, recherche des conditions de rationalisation et de professionnalisme (duplication, animation, etc.) ; efficience.

L’expérience de « Communauté éducative », conduite au collège République de Nanterre, par les associations USEA et Zy Va, avec participation active dudit collège, d’entreprises, etc. peut être une bonne manière de tester et d’appliquer les orientations ci-dessus. Nous testerions ainsi de nouveaux modèles pour traiter, notamment à l’échelle territoriale, des enjeux majeurs des quartiers, modèles susceptibles d’illustrer les critères de prise de responsabilité collective, de transversalité, d’efficience, de reproductibilité sur une part significative des territoires concernés, ce test comporterait le recours au numérique.

Constats

1. les parties prenantes au niveau local (enseignants, parents, élèves, entreprises, etc.) ne peuvent, individuellement, rien proposer de qualitatif pour améliorer le stage de troisième. La décision d’Etat de créer le stage n’a pas suffit pour mettre en place une politique efficace.

2. les enseignants ne connaissent pas assez le monde de l’entreprise.

3. aujourd’hui le numérique est plutôt « bas de gamme », de consommation et non pas de coopération et construction collective.

Proposition/ Idées/ Pistes

1. Nécessité de proposer aux entreprises un contenu pour la semaine de stage. Le projet « Un jour un métier » de l’IMS avec mallette pourrait être un des outils facilitateurs (Merci à Bouna de bien vouloir nous passer des éléments sur ce projet). L’enseignant travaille en amont avec les élèves sur l’entreprise et l’entreprise dispose d’une mallette pour mettre en place le projet même avec des élèves turbulents. Ensuite évaluation en interne des stages.

2. L’accompagnement des élèves, des salariés et de la famille. Faut-il un outil pour chacune de ces étapes ? La Région développe « SOS stage » pour des lycéens en bac pro. Il existe un outil numérique, une plateforme web pour recenser les stages disponibles sur l’année. Mais USEA n’a pas vraiment de problème pour l’appariement des stages, donc la plateforme servirait davantage à une communication accrue entre les parties.

3. Il existe à Pantin des partenariats passés par les acteurs politiques locaux dont il faut profiter (en rapport avec projets friche des Moulins de Pantin, canal de l’Ourcq et projet Est. Sur le projet autour des familles, la ville pourrait apporter un soutien important. Les centres sociaux sont municipaux dans la ville, ce qui permettra de faciliter les choses.

4. Il faut davantage de stages dans l’artisanat. Peut être entrer en contact avec Eric de Dormel d’Ateliers d’arts via Denis Pansu.

5. Département de l’Essonne : « Un Stage, j’y est droit » avec des conventions passées entre différents acteurs pour les stages de 3ème (voir en fin de mail le compte-rendu de mon entretien téléphonique avec la responsable de ce projet, très intéressant).

6. Il faut une gouvernance, peut-être créer un comité de pilotage avec l’identification claire des participants.

Expérience de Nanterre, collège République

L’oral de stage montre qu’il y a eu des effets. Effet sur les comportements, notamment les tenues. Pour certains, cela a permis de réfléchir à l’avenir et d’être confronté au monde du travail. Les élèves se sentent considérés par les entreprises, pendant une semaine. Un lien perdure, par le tutorat mais également pour les stages du lycée.

A Nanterre, l’expérience a été faite sur le volontariat, et la mobilisation a été importante. 50% des élèves ont participé et ceux sont qui en ont le plus besoin ont été impliqués. Avec le volontariat, certains élèves peuvent passer au travers du système, mais justement le CPE et les professeurs sont là pour les impliquer.

L’implication des familles a été significative notamment via l’accueil de stagiaires par certains parents et par leur participation au forum des métiers.

Points de progrès

– améliorer implication des familles,

– toucher + que 50% des jeunes,

– disposer d’une véritable gouvernance,

– formaliser davantage la relation avec les entreprises.

Attentes du collège Jaurès, de Pantin

Enseignants : la plupart ne connaissent pas assez le monde de l’entreprise or dès la 5ème ils doivent y intéresser les élèves dans le cadre du PDMF (programme de découverte des métiers et des formations). Les enseignants souhaitent éviter toute instrumentalisation. L’éducation à l’orientation est importante et les professeurs principaux s’en occupent avec le CPO. Ils ont besoin pour cela d’être formés, de connaître les possibilités professionnelles pour les expliquer aux familles et aux élèves. L’objectif pour le principal est d’avoir une professionnalisation des équipes pour construire une autonomie dans cette perspective.

Au Collège Jaurès, cela va concerner tous les élèves de troisième car il ne s’agit pas seulement de trouver le stage, mais plus globalement de s’intéresser aux métiers, à la diversité des pôles d’activité. Les jeunes ont des représentations très limitées du métier mais aussi de ceux qui sont légitimes pour accéder à ces métiers. Une fille en 4ème a dit : « j’aurais voulu être avocate, mais je viens des Courtillières ». La confrontation au milieu professionnel est une ouverture des possibles même pour ceux qui ont déjà une idée (ils peuvent parfois se rendre compte que ce n’est pas ce qu’ils veulent faire).

Souhaite qu’au forum des métiers (un vendredi banalisé), il y ait une présentation des métiers du collège pour commencer, mais également la valorisation de l’action publique (le CG). Volonté de faire connaître la dynamique locale et de faire participer un environnement riche (les universités, les IUT et le campus des métiers de Bobigny, etc.)

Volonté de voir le collège être au centre du dispositif.

A noter existence du Club des partenaires – brochure distribuée en partenariat avec l’ONISEP. C’est le partenaire des collèges pour la recherche des stages.

Association FING. Créée il y a 10 ans pour l’usage du numérique. Pas « technologue » mais centrée sur les usages, les effets du numérique dans la société : cartable électronique, habitants connectés, innovation monétaire. Possibilité d’accéder au réseau d’entreprise du Carrefour des possibles. Mise en relation avec WECENAT : bénévolat de compétences informatiques.

3 dimensions cruciales :

– mobiliser des entrepreneurs accueillant des stages découvertes,

– mettre en relation avec expertise pour développer plateforme de pilotage numérique,

– transmettre méthodologie du scénario d’usage pour expliquer des métiers (ex. : community manager) et entreprises nouvelles.

Très bonnes dispositions pour contribuer à instiller du numérique dans le modèle, pour l’approfondir, le populariser (faire du buzz)….